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Puget-Théniers se raconte, circuit de visite pédestre du village

Après que Camina ai publié en 2007 un topo-guide de randonnées pédestres autour de Puget-Théniers en partenariat avec l'Office de Tourisme intercommunal, ce dernier, en 2009, édite un petit fascicule qui permet de découvrir le village. Un parcours a été établi le long duquel vous trouverez des plaques sur fond marron numérotées de 1 à 18 et posées tout au long de l'itinéraire, correspondant au sens de visite.

Cet article sera bientôt complété par un plan et un fichier gps de l'itinéraire à télécharger.

Le départ se fait à partir de la Maison de Pays autrement dit l'Office de Tourisme intercommunal (ancienne gare de marchandise inaugurée en 1892 dont le fret fut important jusqu'à la 1ère guerre mondiale, ce bâtiment devint peu à peu un simple dépôt. Il fallut attendre 1996 pour qu'il soit réhabilité par le SIVOM de la vallée du Var avec l'implication de l'Ecomusée de la Roudoule).



PLAQUE N°1 : LE TRAIN DES PIGNES

Dès 1860, l'Etat français se propose de relier par chemin de fer Nice à Digne. Ce projet ne sera mis à exécution qu'à partir de 1883. L'écartement des rails, différent de celui du réseau SNCF, est de 1 mètre. Cette solution a été adoptée pour des raisons stratégiques, financières et techniques. En 1892, le train arrive à Puget-Théniers et la ligne ne sera terminée qu'en 1911. La locomotive qui traverse sur des dizaines de kilomètres des forêts de pins méditerranéens, reçut le surnom de «Train des Pignes» (qui signifie pommes de pin, en provençal francisé). La rumeur prétendait que ce surnom évoquait la lenteur du train, qui permettait aux voyageurs de descendre ramasser tranquillement des pignes, ou encore le fait que, en cas de pénurie de charbon, les machinistes les utilisaient comme combustible.

De nos jours sur cette même voie, un train touristique à vapeur circule depuis 1977 au départ de Puget-Théniers, par la volonté du GECP (Groupe d'Etudes des Chemins de Fer de Provence) fondé en 1975 par un journaliste, Jacques Chaussard, afin de défendre et promouvoir cette ligne ferroviaire. Ce train dont l'entrepôt se trouve à côté de l'Office de Tourisme, fonctionne de mai à octobre. Il est intéressant d'observer, depuis l'ancienne gare de marchandise, toutes les installations ferroviaires du XIXème siècle qui fonctionnent encore (pont tournant, treuils, wagons, signalétique...).

Au pied des marches d'escalier, remarquez à droite une borne-frontière de 1823 dont nous reparlerons en N°4.

Prendre la direction du centre-village jusqu'à la place Maillol.



PLAQUE N°2 : L'ACTION ENCHAINEE

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Ce monument fut offert à la ville par la section pugétoise de la Ligue des Droits de l'Homme et du Citoyen, en mémoire du révolutionnaire Auguste Blanqui né à Puget-Théniers en 1805. Le travail fut confié à Aristide Maillol, sculpteur considéré à son époque comme annonciateur d'œuvres marquées par l'abstraction et la modernité. Au lieu de s'astreindre à un portrait physique en costume d'époque, il fit, de la figure féminine, un symbole de l'existence de «celui dont le silence même fut rébellion». La statue représente une femme nue dont les bras liés derrière le dos contrastent avec le dynamisme du torse. Cette posture évoque l'impossibilité d'agir à laquelle Blanqui fut contraint toute sa vie.

En octobre 1909, la statue fut initialement implantée près de l'église, ce qui choqua une partie de la population et alluma une véritable «guerre» dans la ville. On assistait alors quotidiennement à un spectacle digne des œuvres de Pagnol : le curé, jugeant la statue trop impudique et provocante, la recouvrait d'un tissu, le maire repassait ensuite pour «libérer ce symbole de la République de l'emprise religieuse» (en 1905, la France vit un conflit entre l'Eglise et l'Etat). Le conflit s'arrêta en 1922 lorsque la statue fut transférée sur son emplacement actuel. Cette place portera le nom d'Aristide Maillol en 1994.

Aristide Maillol (1861-1944) est un sculpteur et peintre français d’origine catalane. Né à Banyuls-sur-Mer, (Pyrénées-Orientales), il fit ses études artistiques à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et eut pour maître le sculpteur renommé Antoine Bourdelle. Le travail de l'artiste est considéré comme annonciateur d'œuvres comme celles d'Henry Moore ou Alberto Giacometti. Il est connu pour son style onirique revenant vers le classicisme qui resta un modèle jusque vers la fin de la Seconde Guerre mondiale. Maillol est passé à la postérité pour ses sculptures de bronze, même s'il n'a commencé ses œuvres que vers l'âge de 40 ans.

Revenir sur la Route Départementale 6202, qui traverse La Roudoule en direction de Nice.

Sur la façade de la première maison, remarquez le cadran solaire dont la légende dit : «Fai toun camin, louro passo» «Passe ton chemin, l'heure passe». Sans plus avancer, regardez le pont qui enjambe le Var. C'est un pont haubané sans pile intermédiaire pour ne pas entraver le cours du fleuve en cas de crue. Sa construction s'est faite sur la rive droite du fleuve en 2004. Une fois terminé, l'ouvrage a été mis en place en le faisant pivoter.

Quitter la route en empruntant la rue Jausserandy, autrefois l'une des principales entrées dans le village. Prendre la première ruelle à droite qui aboutit au lavoir. Se diriger vers l'église.

Avant d'entrer dans l'église remarquez au fond de la place le bâtiment de La Poste. Une plaque indique qu'ici se trouve la maison natale d'Auguste Blanqui.

PLAQUE N°3 : L'EGLISE N.-D. DE L'ASSOMPTION

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Sa particularité est d'avoir été construite hors les murs de la cité. Peut-être, comme le suggérait le Père Edouard, sur un ancien temple païen.

De style roman, la frise de dents d'engrenage qui orne l'abside permet de la dater du XIIIème siècle. Suite à un incendie au XVIIIème s., les voûtes surbaissées ont été refaites en stuc et les fenêtres trilobées du mur ont été percées. Après le tremble1rient de terre de 1887, les plafonds ont été peints par l’artiste tessinois Adami.

En entrant à droite, se trouve le retable du Rosaire daté de 1730. Ses trois niches abritent Saint Antoine ermite, Saint Blaise et un crucifix qui remplace la Vierge du Rosaire. Sur le pourtour, des petits tableaux représentaient les Mystères Glorieux, les Mystères Joyeux et les Mystères Douloureux. Seuls ces derniers sont encore en place. Dans la partie haute, les deux médaillons sont dédiés à Sainte Catherine de Sienne et Saint Dominique.

Arrêtez-vous devant le maître-autel, vous pourrez ainsi admirer le retable de Notre-Dame du Secours daté de 1525. Il est attribué à Antoine Ronzen qui, revenant de Rome, s'installa à Puget le temps d'épouser la fille d'un peintre local. Le tableau central représente un pécheur priant Marie d'intercéder pour que le Christ lui accorde la rémission de ses péchés, et le Christ implorant à son tour Dieu le Père. A noter que le retable a été réalisé à la demande du seigneur de Puget-Théniers, représenté agenouillé (le pécheur). L'interprétation de ce panneau est donnée par le texte inscrit sous la croix du Christ et dont la traduction est la suivante : «Tu as un accès sûr et certain auprès de Dieu quand tu as le fils devant le père et la mère devant le fils. Le fils montre ses plaies et son côté, la mère montre sa poitrine, aucune demande ne pourra être repoussée là où il y a tant d'amour dans le cœur».

Dans la partie inférieure du panneau latéral, Saint Nicolas de Tolentino, un moine augustin saint-patron de la paroisse, tient un livre ouvert avec l'inscription latine suivante : «J'ai observé tous les commandements de mon père augustin». Au-dessus se trouve Saint Martin, saint-patron de Puget-Théniers jusqu'en 1710.

Nous pouvons voir sur la partie supérieure droite Saint Bernardin de Sienne, moine franciscain et saint-patron du seigneur de Puget. Les trois mitres qui l'entourent évoquent son triple refus d'être évêque. Enfin, sur la partie inférieure droite, Saint Jacques le Majeur est coiffé d'un chapeau porteur de la coquille Saint Jacques et des clés de Saint Pierre, symboles de deux lieux importants de pèlerinage pour la chrétienté (le commanditaire les auraient-ils faits ?).

L'autel de la nef latéral gauche abrite la statue de Saint Nicolas de Tolentino, saint-patron de la cité depuis 1710, qui est portée lors de la procession annuelle (fête patronale).

Près de l'entrée, l'ensemble en bois de frêne sculpté et ciré est divisé en trois partie : la crucifixion, la résurrection et la mise au tombeau. Cette œuvre majeure en excellent état de conservation, unique dans le sud-est de la France, date approximativement de 1520 et aurait été sculptée par une équipe d’artistes flamands dirigée par Mathieu d'Anvers.

A l'origine, l'ensemble était placé dans le couvent des Augustins (rue Papon) puis posé dans la chapelle des Pénitents Blancs (rue Viborel) avant d'être installé dans l'église. Actuellement, il fait l'objet d'une étude car on constate différentes anomalies comme par exemple l'agencement illogique des scènes et la statue de Marie Madeleine, bras levés, n'est pas à sa place.

En contournant l'église par le côté ensoleillé, observez sur la façade le vieux cadran solaire de 1867, à l'ombre d'un cèdre qui n'existait pas lors de sa création. Abrité par cet arbre imposant, le monument aux morts a pris la place occupée autrefois par la statue d'Aristide Maillol.

PLAQUE N°4 : BORNE FRONTIERE

Borne 56

Sur la place De Gaulle, derrière l'église se trouve la borne frontière n°56 qui délimitait le Royaume de Piémont-Sardaigne du Royaume de France. Elle fait partie des 78 bornes numérotées en 1823, depuis les crêtes de la haute Tinée jusqu'à l'embouchure du Var. Cette borne était à l'origine sur la rive gauche du Var en amont du village. D'un côté de la borne se trouve gravée la Croix de Savoie, symbole du Royaume de Piémont-Sardaigne, et de l'autre la Fleur de Lys, symbole du Royaume de France.

La borne n°64, située à l'entrée de l'Office de Tourisme, était autrefois implantée au col de Rigaudon sur la montagne de Gourdan (montagne dominant Puget-Théniers au sud).

Monter les marches du grand escalier pour visiter la médiathèque et ses fresques.

Du haut des marches, contemplez un instant la montagne de Gourdan, qui fait face au village et domine le paysage. Son ascension pédestre vaut le détour : au col de Rigaudon un moulage a été posé à la place de la borne-frontière originale, d'où la vue est remarquable.

PLAQUE N°5 : SALLE DES FRESQUES DE LA MEDIATHEQUE

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La médiathèque abrite une grande fresque de 1967, œuvre du peintre Louis Dussour, directeur de l'Ecole Nationale d'Arts Décoratifs de Nice en 1949, qui évoque les grands moments de l'histoire de la ville ainsi que ses hommes célèbres.

On y retrouve :

  • Sur le mur gauche, une scène parisienne des barricades avec Auguste Blanqui en premier plan. Cette fresque n'est pas conforme avec l'histoire car «l'Insurgé» était en prison lors de ces évènements mais il faut lui accorder une évocation symbolique de sa résistance constante ;
  • Bertrand de Puget, troubadour et reconnu comme noble châtelain de Provence, seigneur de Teunes (ou Téniers), vaillant, généreux et bon guerrier. Il composa de bonnes chansons et de bons sirventes (poèmes à caractère satirique chantés en langue d'oc aux XIIème-XIIIème siècle).
  • Pierre de Villars, archevêque de Mirepoix et de Vienne (1517-1598), né au château de Puget. Il fut chargé par le pape d'exhorter le futur Henri IV de se rallier à la religion catholique ;
  • Honoré Corporandy (1760-1841), chanoine prononçant l'oraison funèbre de Napoléon 1er ;
  • Maximilien Isnardy (1748-1820), bibliothécaire de Napoléon 1er ;
  • Jean-Pierre Papou (1734-1803), célèbre abbé conservateur de la bibliothèque de Marseille et premier historiographe de la Provence ;
  • Antoine-Auguste Riboty (1816-1888), contre-amiral de la Marine Royale de Piémont-Sardaigne, il participa à la guerre de la Crimée et à la troisième guerre d'indépendance. Successivement nommé Sénateur du Royaume et Ministre de la Marine ;
  • Jean-Dominique Blanqui, Ier sous-préfet de Puget-Théniers et père de Louis-Auguste Blanqui ;
  • Louis-Auguste Blanqui, né à Puget-Théniers en 1805 et mort à Paris en 1881. Surnommé «l'Enfermé», il a passé 36 ans de sa vie en prison pour des raisons politiques. A noter les citations écrites sur le mur de droite ;
  • Alexandre Baréty, médecin, interne des hôpitaux de Paris, historien, président co-fondateur de l'Academia Nissarda, il participa également à la fondation de l'hôpital Bischoffsheim ;
  • Adjudant-chef Rémond, sauveur héroïque de la population pugétoise en 1944 (voir plaque N° 18).

Quitter la médiathèque en empruntant la rue Conil puis la rue du docteur Gente.



PLAQUE N°6 : LA TANNERIE

Bien que Puget-Théniers fût le plus important entrepôt de chevreaux en France au début du XXème s., la fabrique ne travaillait que des cuirs de bovidés. Son activité fut ralentie par la concurrence de la ville de Grasse.

Le rez-de-chaussée était occupé par d'énormes tonneaux et bassins dans lesquels les peaux trempaient. Elles étaient ensuite raclées sur des pierres, débarrassées des poils puis rincées plusieurs fois à l'aide de la chute d'eau que vous avez pu entrevoir au passage et qui s'écoule sous la tannerie avant de se jeter dans la Roudoule. Les peaux étalent traitées avec du tanin et les bassins étaient vidés directement dans la rivière ! Les deux étages supérieurs servaient au séchage des peaux que l'on retournait plusieurs fois avant de les travailler.

La tannerie fit travailler 12 personnes au maximum de son activité. L'armée italienne réquisitionna la manufacture pour ses cuirs pendant la seconde guerre mondiale. Elle ferma définitivement ses portes en 1960... et fut détruite en 2012.

Longer la Roudoule et prendre la rue Henriotti pour rejoindre la rue du 4 septembre.



PLAQUE N°7 : LA RUE DU 4 SEPTEMBRE

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Son nom fut choisi pour commémorer la proclamation de la IIIème république à la chute de Napoléon III.

Au N° 1, l'enseigne rappelle que Puget-Théniers fut sous-préfecture de 1805 à 1926.

Remarquez en passant la fontaine construite en 1879 qui porte les armes de la ville. Plus bas se trouve une succession de trois grandes portes à archivoltes à voussure, preuve que ces maisons appartenaient à des notables. La première comporte des ornements gothiques à la base. En levant les yeux, on découvre une maison en encorbellement avec une magnifique balustrade en bois. L'une des portes a été murée.

Le pont que vous empruntez traverse la Roudoule, rivière aux humeurs changeantes. En cas de pluie, l'eau peut se colorer de couleur sanguine ou gris sombre selon sa provenance. Les terres rouges situées en amont contenaient de riches filons de cuivre exploités au XIXème s qui font l'objet d'une présentation au Musée de la Mine à Léouvé (7 km).

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PLAQUE N°8 : PLACE DE LA FONTAINE

Cette imposante fontaine à deux vasques superposées fut construite en 1852 sous la direction du maître maçon Peyron. A l'origine, elle était prolongée par un lavoir à deux bacs qui a disparu.

Elle servait également d'abreuvoir pour les chevaux. Un jeu de lumière colore, le soir, ses quatre jets d'eau.

Avant de monter au cœur du vieux village par la rue de Verdun, observer les façades qui constituaient les remparts de la cité.



PLAQUE N°9 : RUE JUDAIQUE

Autrefois appelée rue du ghetto juif, elle est la plus étroite et la plus sombre du village. Du XIIIème au XVIème siècle, une communauté judaïque y habitait. La ruelle était cadenassée par des chaînes avec interdiction d'en sortir la nuit, même si toutes les caves communiquaient entre elles. La communauté n'avait pas accès aux professions libérales et ne pouvait posséder ni biens ni terres mais elle était chargée du négoce et de la banque.

S'engager à gauche dans la ruelle puis remonter à droite par la rue du Père Edouard pour atteindre la rue Papon.



PLAQUE N°10 : LE COUVENT DES AUGUSTINS

L'ancienne rue du marché a été longtemps bordée par le couvent des Augustins qui correspond aux N°2, 4 et 6 rue Papon.

A proximité, une superbe porte monumentale à archivoltes multiples surbaissées et larmiers, où sont gravées sur la façade une crosse et une mitre.

Au N°7 rue Papon, une porte à linteau à accolade surmontée du monogramme entrelacé IHS. Au N°8, une plaque signale la maison natale d'Alexandre Baréty. Au N°12, une porte à linteau en bois est surmontée d'une croix pattée.

PLAQUE N°11 : MAISON PAPON ET MAISON DITE DES TEMPLIERS

Au N° 14 rue Papon, l’imposante façade abrite dans une niche à 7 mètres de hauteur un buste de l'abbé Papon. C'est sous le règne de Louis XV, le 23 janvier 1734 qu'il voit le jour dans cette demeure. Ses parents, Honoré Papon et Elisabeth Giaï, étaient des bourgeois. Ils habitaient cette maison qui jouxtait le couvent des Templiers.

Après des études à Nice et à Turin, il entre dans la congrégation de l'Oratoire à Aix en Provence. Il devient le Conservateur de la bibliothèque de Marseille. A ce titre, il rassemble les compilations de ses recherches dans le premier ouvrage de référence consacré à l'Histoire générale de la Provence.

Au N° 17 rue Papon, les hauts montants de la porte sont ornés chacun d'un poisson. Au-dessus, un cœur et un trèfle ont été sculptés.

La rue se termine par cinq grandes portes à archivoltes à larmiers datées de 1569. L'une d'entre elles abrite un élégant escalier à plan carré, d'époque Renaissance. Cette maison était auparavant la propriété des Templiers, dont un représentant assurait la tournée pour percevoir les redevances une fois l'année. Dans les archives, il n'y a qu'à Rigaud, Biot et Nice qu'apparaissent des commanderies de Templiers occupées en permanence par les Templiers.

PLAQUE N°12 : LA CHAPELLE DES PENITENTS BLANCS

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Sur la continuité de la rue Papon, la rue Viborel, porte le nom d'un pionnier de l'éducation pour la santé publique. Il fut chargé de la propagande contre la tuberculose puis dirigea l'Education Sanitaire au Ministère de la Santé Publique. Il vécut de nombreuses années à Puget-Théniers.

En poursuivant, on peut voir notamment un étal en pierre, dernier vestige montrant que cette rue était autrefois commerçante. Sur la même maison est également gravé un écusson portant la date 1718.

Plus loin, la chapelle des Pénitents blancs, confrérie instituée en 1585 par Henri III. Les Pénitents portaient un costume en toile blanche recouvrant entièrement le corps et le visage, où seules deux ouvertures étaient pratiquées pour les yeux. La confrérie a disparu à Puget-Théniers au début du XXème siècle.

Il ne faut pas confondre cet ordre religieux avec une tradition séculaire qui a lieu chaque soir du mercredi des Cendres.

Son origine vient des ouvriers travaillant dans les tanneries du village. Ils étaient interdits de défiler le Mardi Gras par décret du clergé, car ils fabriquaient les masques avec les peaux comme matière première. Par protestation et par vengeance de ce décret, ils décidèrent de parodier les vrais Pénitents Blancs en organisant une fausse procession à travers le village.

Autrefois costumés et recouverts de poudre de myrthe blanche de façon à rester anonymes, les carémantrans défilent aujourd'hui drapés de blanc, le visage enfariné. Ils tiennent à la main une chandelle, ne s'arrêtant que pour procéder à leurs «bénédictions» sur l'air de Frère Jacques, autour de leur faux évêque.

Cette drôle de procession s'achève autour de la fontaine du village dans laquelle, certaines années, les plus téméraires se jettent malgré la température très fraîche de la saison. La confrérie, quant à elle, termine fort tard la soirée autour d'un solide repas placé sous le signe de l'amitié et de la convivialité.

Revenons à la chapelle des Pénitents dont l'entrée présente un superbe linteau rectiligne.

La chapelle contient plusieurs œuvres intéressantes des XVIIème et XVIIIème siècles.

Continuer jusqu’au bout de la rue qui débouche sur une place.



PLAQUE N°13 : LA PLACE DE LA CLUE

Nous arrivons en bout de village, près de la Roudoule. Cette place, au pied du rocher des Trénières sur lequel on aperçoit les ruines du château médiéval, jouxte les jardins limités par la rivière. Ils sont témoins d'une importante inondation qui, en octobre 1525, à la suite de la rupture d'un barrage créé par un glissement de terrain, ravagea toutes les maisons de ce quartier, entraînant le départ des habitants qui s'enfuirent dans les villages proches de La Penne, La Rochette, Saint-Pierre et Le Fugeret.

Place sans issue, elle est dominée par un canal : la bélière qui transporte des eaux dérivées de la Roudoule. Jadis, ces eaux faisaient tourner une roue à aube, un moulin à huile et à farine ainsi qu'une menuiserie. De nos jours, elles servent à l'irrigation des jardins et au nettoyage des rues. A l'entrée de la rue Casimir Brouchier, on peut observer une ancienne porte fortifiée («barri» en gavot : le patois local) qui fermait la cité.

Emprunter la rue Casimir Brouchier, du nom d'un menuisier ébéniste qui installa son atelier sur l'aire de la Clue. Pour développer son activité, il fit construire une usine le long du Var dont il utilisa la force motrice. Aujourd'hui abandonnée, l'usine employait de 60 à 100 personnes.

Monter les escaliers à droite après le n°10 Casimir Brouchier.



PLAQUE N°14 : QUARTIER DE LA HAUTE COSTE

Nous sommes ici dans le «vieux village». Le nom évoque les origines de la cité.

Envoyé en Gaule par Jules César en 49 av. JC, le tribun Publius Niger qui se serait emparé des dernières huttes d'Ectinii (peuplade autochtone ligure vivant dans la vallée du Var, et dont le nom figure sur le trophée édifié par l'empereur romain Auguste commémorant ses conquêtes). Le mot «Ectinii» se transforma peu à peu en «Théniers» et «Puget» vient du latin «poggio» qui signifie «colline». Il aurait établi son camp à flanc de cette colline, au pied du rocher des Trénières. A cet emplacement, le chef des soldats vétérans, Costus Nevus, aurait été enterré, donnant son nom au quartier de la Coste.

L'étroitesse de ses rues interdit toute intrusion automobile. Si ce quartier exige de ses résidents des efforts physiques importants, il leur offre en échange son charme médiéval. Pas de commerce, seulement deux toutes petites places et des ruelles dont les maisons permettent les bavardages d'une fenêtre à l'autre.

Revenir dans la rue Casimir Brouchier et tourner à droite.



PLAQUE N°15 : PLACE DU PALAIS DE JUSTICE

Le Palais de Justice fut créé en même temps que la sous-préfecture, les affaires traitées étaient modestes. Disparu à la chute de l'Empire, il reprit ses activités en 1860 qui diminuèrent en 1926 et s'arrêtèrent définitivement en 1970. Faisant face au Palais, une maison à encorbellement et pans de bois date du XIème siècle. Les extrémités des poutres sont sculptées de têtes humaines.

Franchir la porte fortifiée (ou «barri»).

En relevant la tête, vous pouvez observer attentivement le sommet du rocher des Trénières où subsistent les vestiges des fondations du château médiéval détruit sous le règne de l'occupation française de Louis XIV. Son ministre Vauban en utilisa les pierres pour renforcer les défenses de la cité voisine d'Entrevaux.

De cette époque date le chemin fortifié qui mène à la citadelle perchée. Contrairement à Entrevaux située en Provence et faisant partie intégrante du Royaume de France, Puget-Théniers était situé dans le Duché de Savoie.

PLAQUE N°16 : AVENUE MISS PELL

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Isabelle Pell, citoyenne américaine, est née en 1901. Etant en désaccord avec sa famille, elle se réfugie à Paris puis à Auribeau-sur-Siagne avec sa compagne la marquise de Forbin dans les années 30. Luttant contre l'envahisseur durant la seconde guerre mondiale, elle est arrêtée en 1942 et assignée à résidence à Puget-Théniers. Elle y résida jusqu'à l'arrivée des troupes allemandes en 1943. Durant son séjour, elle vint en aide à la population et répandit un esprit de résistance.

De retour à Auribeau, elle s'engage dans l'armée américaine lors du débarquement. En novembre 1944, le Comité de libération de Puget-Théniers lui décerne le titre de citoyenne d'honneur et donne son nom à l'ancienne montée «fuore de bari». Elle décède à New York en 1952.

En descendant l'avenue Miss Pell, observez l'architecture des maisons en alignement, qui constituaient l'enceinte fortifiée du village.

PLAQUE N°17 : MAISON DES SERVICES PUBLICS

L'emplacement était occupé autrefois par la coopérative laitière. Depuis 2004, le nouveau bâtiment abrite l'Hôtel de Ville et de nombreux services publics.

PLAQUE N°18 : ADJUDANT-CHEF REMOND

En 1996, la stèle fut érigée en mémoire de l'adjudant-chef Rémond.

Léon Rémond est né le 27 janvier 1900 à Baltzenheim (Alsace). Engagé dans la marine à 18 ans puis dans l'armée en 1924, il fit toute sa carrière dans la gendarmerie des Alpes-Maritimes et prit sa retraite en 1955. Le 2 mai 1944, une patrouille allemande commandée par deux officiers prend d'assaut un refuge de résistants situé sur la route du col Saint-Raphaël. Le capitaine François, chef des maquisards, tue les officiers et dégage son groupe qui se disperse. Dans sa fuite, le radio Joseph Cabot est tué par une grenade qu'il avait dégoupillée.

En représailles, les hommes valides de 18 à 60 ans furent pris en otage et huit d'entre eux «choisis pour l'exemple» doivent être fusillés. Prévenu, l'adjudant-chef Rémond, en poste à Puget-Théniers, se précipite au moment où l'officier commandant le peloton allait donner l'ordre de tirer. En langue allemande, il interpelle l’officier : «Halte, vous ne pouvez pas faire ça ? Ce sera une honte pour la Wehrmacht !». Face à cette attitude volontaire, les otages ne seront pas tués.

Il sera désarmé, mis aux arrêts à Nice et libéré un mois plus tard. Les otages seront envoyés en Allemagne. A l'exception d'un seul disparu, ils reviendront chez eux lors de la libération des camps. Le 19 octobre 1944, le Comité de Libération de Puget nommera cette voie publique «Boulevard de l'adjudant-chef Rémond».

ICI SE TERMINE LA VISITE. NOUS ESPERONS QU'ELLE VOUS A PERMIS DE PORTER UN REGARD NOUVEAU SUR PUGET-THENIERS, CITE RICHE D'HISTOIRES.

L’Office de Tourisme intercommunal Provence Val d'Azur

Maison de Pays, 06260 PUGET-THENIERS, tél. : 04 93 05 05 05, courriel : info@provence-val-dazur.com

Merci à Cédric, Guillaume et Jean-Marc qui, dans le cadre d'un atelier informatique et après avoir découvert le parcours pédestre, ont contribué à la réalisation de cet article et à la recherche de photos afin de l'illustrer.

Ferme de Crouis, plateau de Dina

Tracé gps à télécharger : Les Blanqueries-Ferme de Crouis

La Trinité

www.camina.asso.fr/docs/gps/Puget-Theniers_La_Trinite.gpx

De Chasse au Caduc en passant par Marie-Louise

Du hameau de Chasse 1460m (Villars Colmars 04) à la cabane refuge Marie-Louise ,
un sentier cheminant entre ruisseaux, paturages, granges, petits ponts de bois,
bref, un vallon de chasse idéal pour la peche aux images
Après trente minutes le refuge 1678 m, tout de pierres et de bois habillé qui sent bon la montagne
et..la tapenade,et.. la tourte, et..les grillades, et..le vin, et..le fromage, et..les gateaux, et..le champagne
et..les tisanes des fleurs des Alpes.
Une nuit agitée par des bourrasques de vent, neige et pluie mais réparatrice à souhait.
Au petit matin (8h30) !!! Rando dans un site merveilleux hors sentiers (inexistants).
Quatre heures de montée à travers torrents, ruisseaux,mélèzes, tourbières, paturages en fleurs
et enfin après un ultime effort les cretes de grès entre Caduc et Sangraure 2650m.
Vue à 360° sur les Alpes et la Provence, lac de ste Croix et le Ventoux.
Descente par d'autres chemins sur les talons et les genoux!!!! Peu importe l'état de nos échasses
nous avons fait le vallon de Chasse.

caduc

Traité de géologie locale

J.-L. Roqueirol, caminàriste de renom, vous entraîne vers les trois ères… vous saurez tout en cliquant

Topo Randos autour Puget-Théniers

7 Randos sur Puget-ThŽniers7 topo-guides pour vos randonnées
autour de Puget-Théniers
en téléchargement ici

En balade

Voilà quelques topo-guides de randonnées à faire :
Amen
La Barlatte
Fontanalbe
Le Mont Brune
Vignols